Les impressionnantes courbes de la Courbe de Héliopolis!

Dr Nesrine Choucri Mardi 17 Juillet 2018-14:05:23 Chronique et Analyse
Les impressionnantes courbes de la Courbe de Héliopolis!
Les impressionnantes courbes de la Courbe de Héliopolis!

Qui aurait dit que dans cet immense désert égyptien riche en antiquités pharaoniques, une ville mythique aurait poussé il y a plus de 110 ans déjà! Héliopolis, la perle du Caire. Héliopolis est une ville qui surgit en plein désert grâce à la volonté du baron Empain et qui est aujourd’hui un témoin d’un temps inoubliable.

Edouard Empain, qui au début du XXe siècle construisait chemins de fer, tramways et métropolitains de la France à la Chine, du Congo à la Russie, a confectionné le plus beau joyau: Héliopolis. En 1904, au cours d’une cavalcade dans le désert, Empain a eu l’idée de créer une «oasis où les loyers seraient bon marché et l’air pur» qui désengorgerait le Caire qui déjà commençait à connaître la surpopulation. En mai 1905 la société d’Héliopolis est fondée et les terrains achetés. C’est à partir de là que le quartier voit le jour avec ses différents lieux mythiques.

Héliopolis compte de nombreux lieux hors pair. Des lieux qui ont marqué et qui marquent toujours la mémoire des Egyptiens. Qui nous ne peut oublier l’hippodrome devenu plus tard le fameux jardin du «Merry Land» ou encore le Palais du baron Empain construit dans un style khmèr-indien.

Parmi ses lieux fastidieux qui rappellent le glorieux de la cité du Soleil, figure El-Korba. Le quartier des villas était, quant à lui, connu sous le nom d’El-Korba, en référence à la «courbe» très parfaite que le trajet initial du tramway suivait à son arrivée dans cette partie de la ville, mais le tramway, depuis 1956, suit un autre parcours.Héliopolis est subdivisé en plusieurs petits quartiers, dont El-Korba, connu pour son architecture. C’est un quartier intéressant à visiter. A l’origine, le sud et l’est d’Héliopolis (en particulier le quartier d’El-Korba au sud-est) accueillent dans d’opulents immeubles de rapport et d’élégantes villas une population bourgeoise et cosmopolite.

«L’espace héliopolitain est conçu comme une scénographie urbaine qui se déroule le long des rues sinueuses et commerciales où passe le tramway. Celles-ci sont bordées d’élégants immeubles d’esthétique mauresque dont les arcades ménagent une ombre indispensable tout en déclinant l’incontournable modèle parisien de l’artère commerciale de prestige qu’est la rue de Rivoli. La scénographie est aussi axée par la large avenue des Pyramides, un parkway structuré en deux chaussées séparées par un terre-plein central verdoyant et arboré auquel font écho les jardins privés devançant les constructions à l’alignement», Mercedes Volait et Jean-Baptiste Minnaert dans un ouvrage intitulé «Héliopolis, création et assimilation d’une ville européenne en Egypte au XXe siècle». Et d’ajouter: «De cette forme viaire inventée aux Etats-Unis, l’urbaniste et paysagiste Jean Claude Nicolas Forestier vante à la même époque, dans l’espace culturel français, la fonctionnalité et l’agrément. La perspective de l’avenue vise vers le sud-ouest les lointaines pyramides de Guiza; elle s’achève au nord-est par la monumentale et très catholique basilique réalisée en 1913 par Alexandre Marcel, transposition à l’échelle un quart de Sainte-Sophie d’Istanbul et véritable centre géographique de la ville nouvelle, au-delà duquel l’avenue se scinde en deux rues divergentes.»

A El-Korba ou la courbe, les arcades sont visibles et leur beauté est hors pair. Jusqu’à nos jours, cette région attire Cairotes et touristes pour découvrir son architecture particulière, pour passer du temps agréable dans sa multitude de café qui font rêver et qui servent à tous les goûts. Qui dit El-Korba, dit obligatoirement l’église de Saint Cyrille. Cette église se dresse comme un témoin du passé dans le rond-point de la rue Bagdad et la rue Al-Sawra, surnommé «El-Korba». En 1900, c’était juste ici que prenait fin la ligne de l’ancien tramway d’Héliopolis. Les rails formaient un demi-cercle pour permettre au tramway de faire demi-tour. Avec les années, «la courbe» du métro devenait «El-Korba», qui n’est que l’égyptianisation du fameux mot français «courbe». Conscient que les habitants de ce nouveau quartier étaient en majorité des catholiques syro-libanais, le baron Empain leur a vendu une parcelle de terre d’une superficie de 1688 m2, qu’il s’est fait payer 1688 piastres, soit le mètre carré à une piastre (1 piastre=0,01 L.E.). Les catholiques syro-libanais y ont construit alors une petite église dotée d’un plafond composé de 3 coupoles bien arrondies. Le 8 juin 1910 a été tenu la première prière dans ce lieu de culte.

Qui parmi nous n’est pas allé à El-Korba pour passer une matinée agréable ou un week-end spécial avec ses amis? Qui de nous n’a pas pu pendant Noël, le fameux sapin d’El-Korba qui donne davantage de charme à ce lieu chargé d’histoires, de beauté, d’espoir et de magie? Alors, n’hésitez pas à faire votre escapade cairote à El-Korba pour plonger dans un passé qui se veut présent.

 

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